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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 10:43
Les fautes de l’édito du Calais Mag n° 129

 

 

Rien de grave. 

 

 

Une faute de construction :

 

Lignes 33 et 34 : « Comme la presse s’en est fait largement écho, […] »

Il faut le l’. La presse s’en est largement fait l’écho.Se faire l’écho de” est une expression figée, qu’on ne peut pas modifier.

 

 

Trois petites fautes d’orthographe :

 

1) Lignes 27 et 28 : « Le nombre des vélos proposés aujourd’hui en libre service. »

Le mot prend toujours un trait d’union, comme libre-échange, et non libre arbitre. En libre-service.

 

2) Ligne 30 : « […] pour favoriser le mieux vivre en ville […] »

Sur le modèle de bien-vivre, bien-être, mieux-être : le mieux-vivre.

 

3) Ligne 34 : Ma rencontre avec le Ministre de l’Intérieur ».

Les mots ministre et ministère prennent une minuscule devant le nom de leur champ d’action (qui prend une majuscule) : Le ministère de la Culture, le ministre de l’Intérieur. (NB : le président de la République, le Premier ministre.)

 

 

Une erreur grammaticale :

 

Lignes 15 et 16 : « J’ai souhaité que les 150 licenciés disposent ainsi d’une structure qui est un véritable lieu de vie ».

Le verbe souhaiter commande le subjonctif dans la proposition qui le complète1 (« disposent »), mais aussi, par voie de conséquence, par ricochet, dans la relative subordonnée à celle-ci. J’ai souhaité que les licenciés disposent d’une structure qui soit un lieu de vie. (Même si la « structure » existe déjà bel et bien : c’est une pure question de grammaire.)

 

 

Une faute d’accord (il s’agit d’une récidive) :

 

Lignes 29 et 30 : « […] la question des modes de déplacement est un axe essentiel du projet que je porte […] »

Il faut distinguer les noms dénombrables (ils désignent ce qu’on peut compter : un autobus, deux yaourts…) et les noms qui peuvent être employés comme indénombrables (généralement après l’article partitif du, de la, de l’, des : du temps, de l’eau, de l’espoir…). On évoque alors une part indéterminée d’une “quantité massive”, d’une “notion continue”. Or, ce n’est pas le cas de déplacement : on ne peut pas dire, par exemple : il y a du déplacement, le problème du déplacement… Il faut donc l’employer au pluriel : les modes de déplacements (ou le remplacer par un indénombrable : les modes de circulation…)

 

 

 

Trois maladresses de vocabulaire :

 

1) et 2) Lignes 1 à 3 : « J’ai entamé avec un très grand plaisir le cycle de déplacements […] que je m’étais engagée à tenir voici plusieurs mois. »

On tient une promesse, mais un cycle, non !

Et “s’engager à tenir” est verbeux (en forçant le trait : Je promets que je m’engage à tenir les engagements que je me suis promis de tenir…).

Le cycle de déplacements auquel je m’étais engagée / que j’avais promis / que je m’étais engagée à effectuer.

 

3) Lignes 13 à 15 : « Mes échanges réguliers avec l’Entente sportive de Calais et la promesse que j’avais faite au président de ce club emblématique du Fort-Nieulay se sont traduits par l’aménagement de nouveaux vestiaires de grande qualité. »

L’expression un peu passe-partout “se traduire par” ne convient pas ici. Je propose : Mes échanges réguliers ont abouti à l’aménagement…

 

 

Calais Mag n° 129 d’octobre 2020, page 3

 

__________________

1. Voir : Le Grand Livre des curiosités de la langue française, G. Tromeur, page 126.

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commentaires

Forator 06/12/2020 12:43

Pour ma part, cher Gildas, je préconise l’accord : Comme la presse s’en est largement faite l’écho. Même Joseph Hanse, qui pourtant justifie l’invariabilité dans plusieurs constructions voisines, considère que l’accord est ici recommandé par la logique et par l’usage, citant comme exemple à imiter la phrase que voici : « Elle s’est faite la protectrice des réfugiés ». (Voir J. Hanse, Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne, troisième édition, Duculot, 1994, p. 336, dans l’article « Écho – se faire l’écho de… »).
Il n’y a aucune raison de traiter différemment « La présidente s’est dite scandalisée » et « La presse s’est fait(e) l’écho »…

Gildas Tromeur 06/12/2020 22:07

Merci beaucoup, cher Forator, pour cette remarque et les références !
À mon sens la raison de traiter différemment l'une et l'autre expressions, c'est le caractère lexicalisé (figé) de "se faire l'écho de", par opposition à "se faire le protecteur", où il n'y a pas d'expression toute faite, et où chaque mot s'accorde, disons, logiquement. J'aurais en effet bien sûr écrit "Elles se sont faites les protectrices", où "faire" garde son sens plein, contrairement ce qu'il lui advient dans l'expression "se faire l'écho de", où il me semble qu'il sacrifie son sens propre au profit de celui de la locution. (Accorder, n'est-ce pas casser l'expression toute faite, un peu comme si l'on osait dire : "À plusieurs, ils ont pris les taureaux par les cornes" ?) Mais il faut que je me penche sur l'ouvrage de J. Hanse ; je suis particulièrement curieux, du coup, des constructions voisines qu'il cite, où le participe est invariable.

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