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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 11:42
Les fautes de l’édito du “Calais Mag'” n° 130

Rien de grave. 

 

 

Une légère faute de construction :

 

Lignes 6 et 7 : « La plus grande sévérité s’impose contre ceux qui bafouent ces principes ».

Sévérité et sévère ne se construisent pas avec la préposition contre. On est sévère / on fait preuve de sévérité envers (pour, à l’endroit de) quelqu’un / sur quelque chose. La plus grande sévérité s’impose envers ceux qui bafouent ces principes.

 

 

Quelques petites erreurs de vocabulaire :

 

1) Lignes 4, 5 : « Mais cet hommage est aussi la marque d’un refus. »

L’emploi de marque est ici maladroit, peut-être influencé par l’un des sens du verbe dans des expressions comme : marquer son accord, marquer son refus, etc. Pour le nom, préférer : Cet hommage est aussi la manifestation / le témoignage / la démonstration d’un refus.

 

2) Lignes 20 à 22 : « Il s’agit de faciliter et d’encourager les achats dans les commerces de proximité et […] de maintenir au maximum l’activité des commerçants. »

Il convient de n’employer la locution au maximum que dans le sens de : “tout au plus”, “au plus”, “sans excéder”, sans dépasser”, etc. Il faudrait dire ici : Il s’agit de maintenir le plus possible / autant que possible / de façon optimale l’activité des commerçants.

 

3) Ligne 32 : « Le Calais Mag que vous tenez en main ».

Ambiguïté gênante : l’expression toute faite tenir en main signifie : “maîtriser”, “dominer”, “gouverner”, “avoir le contrôle sur”. Pour éviter toute amphibologie (sens propre vs figuré), on préférera ici, simplement : Le Calais Mag que vous avez en main.

 

4) Ligne 35 : « Enfant prodige issu du quartier ».

« Enfant » et « issu » sont redondants. On aurait déjà le sens attendu dans : Enfant prodige du quartier, ou : Prodige issu du quartier.

 

 

Trois fautes d’orthographe bénignes :

 

1) Ligne 5 : « On porte atteinte aux fondements de la République. »

Le nom république ne prend une majuscule que dans quelques cas précis : quand il fait partie du nom propre d’un pays (la République tchèque), quand il désigne une période historique (la Ve République), quand il s’agit d’une dénomination officielle (au nom de la République française, le président de la République). Sinon, la minuscule suffit : Les fondements de la république.

 

2) Lignes 7 et 8 : « Le but est aussi de diviser et de fracturer la Nation. »

Cas plus simple ici : majuscule seulement quand le mot s’intègre à un nom propre (l’Organisation des Nations Unies, la Société des Nations). Minuscule dans tous les autres cas : la nation française, les élus de la nation, diviser et fracturer la nation). Le mot ne suit donc pas la règle qui s’applique à État.

 

3) Lignes 34 et 35 : « Cet équipement qui porte le nom de Benjamin Bourigeaud ».

Pas de faute avérée ici : « Benjamin Bourigeaud » peut désigner non pas l’« équipement », mais la personne (c’est d’ailleurs ce que laisse entendre la suite) ; mais quand il désigne le stade : trait d’union. Le stade Benjamin-Bourigeaud (comme pour les noms d’établissements, de rue, etc. qui tirent leur nom du nom propre d’une personne). On peut parler ici d’une correction par anticipation…

 

 

Une vraie faute de ponctuation :

 

Ligne 13 : « Là encore, il nous faut être solidaires pour affronter collectivement […] ».

Cette virgule n’a aucune raison d’être. Elle est fautive. En aucun cas la ponctuation ne sert à marquer une particularité prosodique de l’oral (ici, une pause). (Pour les cas d’emploi de la virgule on pourra consulter Le Grand Livre des curiosités de la langue française, pages 127 à 129.)

 

 

Une toute petite maladresse de construction :

 

Lignes 14 et 15 : « Je m’entretiendrai moi-même quotidiennement avec les plus hautes autorités […] ».

Pour éviter toute possibilité de malentendu et pour ne pas laisser entendre que la maire pourrait soliloquer, mieux vaut éviter la construction s’entretenir soi-même ! Moi-même, je m’entretiendrai avec les plus hautes autorités.

 

 

Calais Mag n° 130 de novembre 2020, page 3

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commentaires

Forator 06/12/2020 12:32

« On porte atteinte aux fondements de la République. »
Cette majuscule ne peut-elle s’expliquer par la personnification de la notion ?
En revanche, l’absence de majuscule me semblerait aller de soi dans : On porte atteinte aux fondements de notre république.
L'article défini (« la ») qu’on place si couramment devant le nom « République » semble toujours laisser entendre qu’il n’existe pas d’autre république que la nôtre. La majuscule sert alors, en quelque sorte, de correctif au caractère elliptique de la formule.
Bien à vous.

Gildas Tromeur 06/12/2020 22:49

Je suis d'accord avec vous si « la République » est ici – c'est bien entendu tout à fait concevable – une forme elliptique de : « la République française » (dernier cas où j'envisageais la majuscule). Je m'incline, autrement dit !

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