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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 12:43

   « Il faudrait qu'on la pince pour qu'elle y croit. »


    (On parle de la miss Côte d'Opale 2008.) Voilà en effet une faute assez locale, dans une région qui rechigne à observer les règles d'emploi du subjonctif.

   Certaines conjonctions de subordination obligent à employer à leur suite le mode subjonctif : avant que (mais non pas après que), les conjonctions qui expriment la concession - mais non l'opposition - (bien que, quoique...), la condition (à condition que...), et celles qui marquent le but : afin que, pour que...)

   On dira donc : « Je suis parti avant qu'il soit venu, je suis parti après qu'il est venu. » - Et on écrira : « Il faudrait qu'on la pince pour qu'elle y croie. »

    Notons que le subjonctif est aussi rendu obligatoire après la conjonction que, par certains verbes qui la précèdent, quand ils expriment un sentiment ou un doute. On dira donc : « Je souhaite qu'il ait raison, je crains qu'il ait raison, je ne suis pas sûr qu'il ait raison ». Mais quand le verbe précédent exprime une déclaration ou une opinion, le verbe après que est à l'indicatif : « Je dis qu'il a raison, je pense qu'il n'a pas raison. »

    On aurait pu contourner la difficulté en ayant recours au conditionnel passé deuxième forme suivi de deux verbes au subjonctif imparfait, qu'on ne saurait peut-être pas confondre aussi facilement avec des formes de l'indicatif :

   « Il eût fallu qu'on la pinçât, pour qu'elle y crût. » Mais cela aurait paru ampoulé, et nous aurions encore trouvé à redire !...

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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 08:35

   « La communauté de communes de Desvres compte 14 803 habitants, repartis dans 23 communes. »


    Peu de risques qu'il s'agisse d'un déplacement de population. Pourtant, repartir ne peut signifier ici que "partir de nouveau, retourner". Il faut lire ici (avec un accent aigu) : "répartis" : "partagés, distribués, divisés..."

    Cela dit, les deux mots viennent d'un même verbe : partir, qui vient du nom latin pars, qui signifiait "part".  Celui-ci a pour ainsi dire donné naissance à deux verbes partir, qui ont chacun engendré une famille de mots :

    1°) partir dans le sens de partager (faire des parts) : parti, partie, départ, partouse, (se) départir, etc. Qu'on pense à l'expression  faire le départ de : "distinguer", se départir de : "se désister, s'écarter de, se séparer, se débarrasser de."

    2°) partir dans le sens de "quitter un lieu", sens dérivé du précédent (on sent le voisinage de sens : "se séparer, se dissocier du lieu où on se trouve") : partance, départ, mais aussi repartir et repartie : "réplique, réponse".

    On aurait pu employer ici le verbe départir (il départ...), à ne pas confondre avec se départir (il se départit...). Ça aurait donné, avec une certaine classe : « La communauté de communes de Desvres compte 14 803 habitants, départis en 23 communes. » Mais cela aurait paru ampoulé, et nous aurions encore trouvé à redire !...

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